Près de 40 000 personnes ont défilé hier à Paris contre les suppressions de postes prévues à la rentrée.
Xavier Darcos, sous pression, confirme sa politique et les suppressions de postes.
Pour leur cinquième journée de mobilisation en moins de trois semaines, les lycéens, épaulés cette fois par les syndicats enseignants et les parents d'élèves, ont frappé hier un grand coup.
Sous un soleil printanier, entre 20 000 (selon la police) et 40 000 (selon les organisateurs) personnes ont répondu à l'appel de la manifestation parisienne ! Un chiffre encore jamais atteint depuis le début du mouvement à la mimars.
Derrière la banderole de tête, Florian Lecoultre, président de l'Union nationale des lycéens (UNL), martèle le message : « Nous sommes là pour montrer que les lycéens sont toujours plus nombreux pour défendre leur avenir. Nous disons stop à l'hémorragie de postes. » À ses côtés, le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, qui n'en est pas à son premier défilé, le reconnaît aisément : « Il se passe vraiment quelque chose. » Et s'interroge : « Est-ce que le gouvernement est capable de comprendre et d'arrêter de dire que les suppressions de postes c'est insignifiant ? »
Au vu des dernières déclarations de Xavier Darcos, ce n'est pas gagné. Alors que, vers 14 heures, s'ébranlait la manifestation aux abords du jardin du Luxembourg, le ministre de l'Éducation nationale, lui, réitérait son message de fermeté devant le Sénat, à quelques mètres de là. « Il ne faut pas que les lycéens reprennent les slogans syndicaux, il ne faut pas qu'ils s'abritent derrière les mouvements populaires, ce n'est pas parce que l'on sera 100 de plus ou 100 de moins que les choses changeront, lâche-t-il, en réponse à une question de la sénatrice communiste Brigitte Gonthier- Maurin. C'est un mensonge de leur faire croire que la question du lycée est une question quantitative, c'est une question qualitative et nous avons agi là où il fallait agir. »
Pas vraiment l'avis de Pilar Garcia, une professeure d'espagnol à Mantes-la-Jolie (Yvelines), venue défilé hier avec des dizaines d'élèves et enseignants du Mantois. « On nous dit sans arrêt que les suppressions de postes sont liées à la baisse du nombre d'élèves, mais c'est faux, s'agace-t-elle. Au collège Les Plaisances, par exemple, les effectifs baissent d'un élève à la rentrée prochaine et on perd cinq postes de professeur ! » L'autre jour, la jeune femme a été reçue avec une délégation au rectorat de Versailles. Elle en est restée baba : « À cours d'argument, le chef de cabinet a fini par nous avouer qu'il était tout simplement en train de mettre en oeuvre le choix des Français qui ont élu Sarkozy... »
Dans le brouhaha des djembés et autres caisses claires, les slogans se répondent. « Sarko, t'es foutu, la jeunesse est dans la rue ! » s'époumone un jeune homme sur le camion des Jeunesses communistes. Derrière, les banderoles aux noms des lycées avancent à la queue leu leu. Et les clins d'oeil à Mai 68 pullulent. « Cette année, mai arrive avec un mois d'avance... » proclame une pancarte. « Mai 1968, mai 2008, notre colère n'est pas réduite », tente de rimer une autre. « No futur for culture », dénonce une troisième.